Nuages

Devenir nuages…se disperser lentement et flotter entre les flux qui nous morcellent, se condenser des fois et s’abattre comme un orage, provoquer des torrents de mots et inonder les zones les plus fragiles, s’évaporer aussi, brume qui clignote dans le temps et brouillard de doutes a demi avoués…secret liquide et fonte des âmes… énumérations hasardeuses et aléas subjuguants… liste de liste et coeur en bordel : des mots qui se pressent et pas de structure„ ponctuation solitaire et tristesse de réclame„„„ encoches et leviers - roues et dents qui s’entrechoquent sans bruit - violence sans gestes ni intentions…violence du vide qui ne se comble jamais assez…, sentiments qui font exister, douleur plaisante d’être en vie et peur que le réel ne se réduise qu’a lui même, mais autre.

Toujours autre…

Fleuve

Effluves de sensations mal catégorisées, dépassement du sens et de la raison : penser avec le corps, révolte collective contre le rien, laisser les mots loin derrière pour courir sur des nuages et sentir le vent de la vie a même la peau, dans la nudité de regards qui se croisent et l’échange total qui pourrait toujours en résulter. Don sans attente de retour, décharge saccadée d’affect pur et déséquilibre harmonique…vivre entre les lumières, ici parmi les clignotements qui poussent et tirent, compactent et étendent à loisir le flux du temps. Paysages mentaux et voyages immobiles, une forêt dans la brume et des routes qui se croisent en formant un fleuve…

Antimorale de la discretion, décadence des structures, aurore de la libération et inertie nuageuse peau contre peau et lèvres contre lèvres et temps contre temps et vie contre vie et tourner en tremblant dans un marécage ensoleillé aux fleurs coupantes…ces blessures qui ne cicatrisent jamais et qui rendent plus forts.

Louvoiement de contexte a contexte, espace public et privation des sens ; dissections minutieuses au hachoir et expériences de compression ; poulx accéléré et vitesses relatives, énergie potentielle et contractions arrythmiques…
Cinétique du désir : une main, une autre, et des dents qui se montrent doucement…j’ai le coeur carnassier.

Trois dispersions…

Equilibrer les fréquences est un art difficile,
comme structurer son propos ou se composer un visage.
Forte est l’envie d’être partout à la fois, mais qui peut tenir cette posture bien longtemps? Être trop plein finit par nous rendre creux…et à vouloir laisser la monotonie dans notre dos c’est dans le sien que l’on va se réfugier.

A trop se prendre au sérieux on en devient ridicule, à trop se négliger on en devient cynique, à trop vouloir s’oublier on finit par se perdre.
Toute chose ne peut se contenter d’être ce qu’elle est, Rien ne peut jamais totalement être autre — ET POURTANT — “Ce qui est” est, et rien d’autre.

#Coda.#

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déluge immuable, petite apocalypse et fins privées

goutte à goutte de l’être

Un espace qui pense et de la lumière solide

Des bouts de sens qui se recombinent aléatoirement…………..


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Apparition du personnage, le sujet reste statique.
Derrière lui, des millions d’images se superposent…
Levant la main vers son visage, simple ovale dans le contrejour, ses doigts semblent à la fois agripper et composer une sorte de masque„,

— contraction —
il l’arrache.

Son visage : un vague cercle, au centre duquel tournoie une brume discrète…
Dans sa main le sujet tient une pancarte, il est écrit :
-je suis.

Il s’éffondre.

Erosion (bruleur de contexte)

Léger, très léger,
Comme l’odeur de l’air du soir
Qui resterais dans la brise du matin.
Léger, je ne fais que passer
Dans cette vie et dans la tienne alors,
Profitons de ces tout petits instants
Où deux êtres peuvent se tenir côte à côte,
(Légers, très légers, aussi discrets qu’un souffle
Qui relie deux instants)
Et ainsi, comme le vent
Donner forme aux montagnes.


J’ai évolué par crises dans un monde que je ne comprenais pas toujours.
La vie à plus de sens que le langage ne peut en recouvrir.